Suis-je meilleur philosophe aujourd’hui qu’hier ? En grec philosophia, se décompose en philo, le verbe aimer (j’aime), et sophia, que l’on peut traduire par sagesse, habileté dans l’art et la science. On pourrait résumer en disant que la philosophie est l’amour de la connaissance et l’amour de la sagesse Si j’aime connaître, je ne me sens toujours pas très sage. D’autant que dans la pensée traditionnelle on atteint la sagesse quand on connaît la vérité ! Mais heureusement, le bon philosophe sait que la vérité ne peut jamais être conçue comme un savoir. Voilà qui me rassure… Pas question pour lui, pour nous, de connaître au sens technique contemporain. Ce n’est pas en connaissant la date de naissance de De Gaulle ou de Napoléon que nous connaîtrons mieux ces hommes. L’ADN ne nous donne pas la personnalité de chacun. Pas encore… Tout savoir sur tout serait d’ailleurs absurde. Je crois alors être plus philosophe au sens plus populaire, un homme qui tente de rendre le savoir plus humain et l’intègre à une espèce d’art de vivre. A quoi d’ailleurs servirait le savoir, la connaissance dite objective, s’il ne servait pas à s’intégrer à la vie ? Mais la voilà bien pauvre de nos jours la philosophie. Les disciplines qui appartenaient autrefois à la philosophie se sont posées à part et ont conquis leur autonomie. Ainsi a-t-on vu les mathématiques, la logique, la biologie, la physique, etc. se poser à sciences à part entière, sans compter l’apparition de la psychologie, de la sociologie, de l’informatique, etc... Simultanément, comme une peau de chagrin, le « domaine » de la philosophie s’est peu à peu réduit. Nous percevons pourtant tous la nécessité de s’élever au dessus de la fragmentation du savoir et de penser le savoir d’une manière plus globale. Nous avons aussi besoin d’une connaissance qui nous parle de nous-mêmes en tant que personne, en temps que subjectivité. Nous savons bien qu’il est indispensable d’avoir un lieu de rencontre commun de la Pensée. C’est le rôle traditionnel de la philosophie. Mais voilà nous vivons une époque qui a l’art de tout cloisonner. Il faut être spécialiste, le plus pointu possible. Quitte à en perdre une culture générale, celle-là même qui nous aidait à mieux appréhender la vie, à mieux nous connaître, à mieux approcher l’autre. Attention ! A force de tout cloisonner, de ne plus faire confiance qu’aux spécialistes, nous arrivons à des politiques de « ghettos ». L’urbanisation des dernières années à trop fait confiance à des architectes, à des ingénieurs, sans mesurer l’ampleur que revêt l’habitat sur l’organisation sociale. Ceci n’est qu’un exemple. Voilà que nous prenons mieux conscience du rôle important du médecin généraliste dans une médecine très spécialisée. Etc. J’ose prêcher pour ma « chapelle » : remettons la philo à une meilleure place et écoutons ceux qui osent, sans être spécialistes, interpeller les gens du « savoir », les gens du « pouvoir ». Je viens de rejoindre à nouveau un parti politique, celui qui justement tente une approche plus globale de la personne. Du moins en théorie. Mais là, c’est encore une autre histoire… Mik. |