Première soirée printanière hier. Je suis allé boire ma « blanche ». Les terrasses étaient bondées de citadins tout heureux de retrouver le soleil. Les petites bougies sur les tables rondes apportaient la note de veillées intimes. J’aime m’asseoir seul, me mettre à l’écoute. Amusant, attachant et dérisoire d’écouter chacun raconter sa petite anecdote de vie, récente ou ancienne, comme pour intéresser l’autre qui n’attend au fond que le moment de raconter la sienne. Comme pour s’assurer d’être reconnu. Fou cette espèce de juxtaposition de paroles bien plus qu’une union véritable. Drôle de ruche notre espèce humaine. Et j’en fais bien partie ! Chacun a son importance. Faudrait-il que nous reconnaissions mieux celle de l’autre. Ce qui peut nous paraître insignifiant peut être important pour l’autre. Dans ce café gay où j’étais, beaucoup d’hétéros prenaient leur verre, ignorant ou non le drapeau arc-en-ciel flottant en façade. J’étais frappé par une espèce de plus grand narcissisme des beaux hommes très soignés, très « mode », se faufilant en peu en « coquettes » entre les chaises serrées. Sourires, visages plus tristes, plus ouverts, plus fermés s’égaraient dans des regards précis ou perdus. Etonné aussi de voir des couples gays où l’un des deux est souvent nettement plus beau, plus jeune que l’autre, comme pour éviter une concurrence peut-être ? Après ma « blanche », j’ai pris un café. De quoi maintenir mon éveil et ne pas m’enliser dans l’effet euphorique que l’alcool entraîne très vite chez moi. Mon euphorie, je l’avais, là, dans mon regard réaliste, amusé, un peu voyeur au milieu de ce monde, de mon monde. Je suis rentré, empruntant la rue commerçante. Les cafés faisaient le plein. Sur le trottoir, certains semblaient déjà vaciller, se consolant probablement, eux, de ne pas avoir été entendus, compris ? Une moto vromissait. Autre façon pour ce motard d’affirmer son existence. Sur l’esplanade près de chez moi, certains bancs recevaient des plus paumés, n’ayant point les moyens de se payer autre chose qu’une canette de bière produit blanc. Du monde à l’arrêt de bus. Les voyageurs rentraient où ? Dans la maison, l’appart ou le petit studio avec quelqu’un ou non qui les attendait. Je rentrais, seul. Dans cette solitude que j’aime, qui me relie à moi, mais aussi aux autres. Le soleil semblait avoir mis pas mal de baume sur le moral de mes concitoyens. Sur le mien, j’avais eu autre soleil fin d’après midi. Un beau Roméo. Mon doudou comme je l’appelle. C’est que l’air de rien, il me donne beaucoup de bonheur. Puis, j’avais écouté un autre ami, perdu dans une cascade de difficultés, de souffrances. J’étais là, sans grand moyens de transformer quelque chose ou quelqu'un. Aujourd’hui, j’ai un an de plus. Je sais que les années m’ont apporté quantités d’espoirs, parfois réalisés, parfois déçus. Je sais que nous ne pouvons faire le bonheur de personne. Seulement, comme souvent répété : ne pas l’empêcher. Personnellement je saisis les bons moments, comme celui passé avec celui qui aujourd’hui envahi mes pensées de sa jeunesse déjà si mature. Je tente aussi de me mettre plus à l’écoute freine ma tendance à faire toujours de longs discours ! Bon bien pour ne pas allonger mes blabla, je me tais ! Merci à vous de me lire. Plus de 2.500 visites depuis le début de mon blog il y a quelques mois me fait grand plaisir. Eh oui, comme tout le monde j’aime aussi être entendu !! Mik. 17.03.05 |