J’aurai bientôt un an de plus. Eh oui… Toujours j’ai tenté de m’adapter aux défis de la vie, de ma vie. Bien des interrogations se sont posées, sans jamais de véritables réponses, sinon celles des tentatives d’un mieux-être avec moi-même respectant et tenant compte de l’autre. Bien des choses se passent dans notre corps, dans notre cœur, dans notre esprit, dans notre agir au fur et à mesure que le temps forge une espèce de souplesse, de relativité de ce que nous sommes dans l’univers, dans notre pays, dans notre ville, dans notre famille. Héritier de notre histoire individuelle et collective, nous vieillissons « comme on a pu vivre » dit le dicton. L’espérance de vie accrue me laisse encore l’espoir de nombreuses belles années. J’ai eu la chance d’avoir une expérience de vie riche et très diversifiée, avec des moments de « gloire » et d’autres bien plus « misérables » ! A chaque fois, je m’en suis sorti, en regardant toujours l’avenir et en vivant au mieux le présent. J’ai pu mesurer combien le réseau de relations sociales était fragile et basé sur des intérêts bien plus que sur l’amitié réelle. J’ai du refonder des choix de vie qui aujourd’hui me rendent plus heureux que ceux de jadis. De l’autre côté du travail et de ses devoirs, j’ai réappris une autre vie. C’est bien agréable de la reconstruire ainsi ou de la renouveler par rapport à soi, aux autres, au monde. On me dit cool ! C’est probablement parce que j’ai acquis dans un fouillis de découvertes, de compréhensions, d’apprentissages et de réflexions, de doutes et de recommencements, que la tolérance et le pardon sont la source d’un bien-être inestimable. J’ai été trop souvent jugé pour moi juger. Chacun apprend, acquiert, construit, confronte ses expériences, y compris les plus intimes, selon ce qu’il est, c.à.d. un être incohérent ou se bousculent tant de paradoxes si difficiles parfois à gérer. J’apprécie de plus en plus ce temps de « vivre », de « repos », de « soulagement » qu’offre la vie dite « inactive ». Oh, je ne reste pas insensible à « l’ébullition » de notre monde, à son changement. Nous vivons aujourd’hui des révolutions génétiques, économiques, numériques, pour ne nommer que quelques unes, qui amènent des changements passionnants. Mais dans ce tourbillon de progrès, dans le règne de la vitesse, de la performance, je ne peux m’empêcher d’observer que si beaucoup doivent y trouver leur compte dans une qualité de vie certainement inégalée dans notre histoire, d’autres s’étourdissent par des plaisirs factices, par l’argent, par la suractivité, impuissants à s’arrêter. Moi, je me suis arrêté ! Non de ne point profiter des plaisirs…mais de la course infernale qui nous fait croire que le mieux être est lié au plus avoir. Je ne sais en tout cas pas répondre à ce que serait une vie « réussie ». Ce que je sais c’est que je vis bien, ne cherchant ni la jeunesse, ni la maturité… J’ai certainement évolué, comme tout un chacun, dans mon fonctionnement émotionnel, affectif, comportemental, forcé sans doute à travers le temps et différentes situations. Je sais mieux gérer mon anxiété, mon impulsivité, ma vulnérabilité ! J’ai appris par une longue thérapie (merci le psy !) à mieux m’estimer. Je sais mieux que les sensations fortes sont bien passagères. Je crois être plus respectueux, plus tolérant à l’égard des différences. Mon côté sociable vient sans doute de mon naturel altruiste, accommodant et empathique… Il parait que cela me donne des chances de vivre plus vieux !! Bref, sachez que je ne suis nullement désenchanté de la vie. Bien au contraire. L’âge m’offre une bonne retrouvaille avec moi-même, me fait mieux m’occuper de moi, me fait mieux accepter les limites, m’éloigne d’une image idéale. Je me sens « libéré », serein. Ai-je déjà un peu mieux réussi à vivre l’être plutôt que le paraître ? Et si la vieillesse n’est pas un progrès, en tout cas elle m’enchante… Pourvu que cela dure !!! Je veux encore longtemps apprécier et vivre les merveilleuses couleurs de l’automne de la vie. Mik. |