notre époque
| Notre époque. ] - [ @ 00:11:09 ] | ||||
Oui, j’aime mon époque. Contrairement à beaucoup d’autres dont je lis le dépit et la nostalgie d’un passé. Tendance plus qu’humaine que d’idéaliser le passé. Mais, c’est comme la météo, nous oublions vite que rien n’est nouveau sous le soleil. Notre époque ? Ni pire, ni meilleure que le passé.
J’entends encore trop parler de l’insécurité, des jeunes sans éducation, des ménages qui ne tiennent plus, et patati et patata !
Allons donc…
Nos ancêtres doivent se marrer.
Traversaient-ils une forêt sans craindre d’être attaqués ? Oh, ce n’était pas des fourgons blindés. Quoique, on commençait à imaginer et à fabriquer des diligences bien renforcées de fer forgé. Les « securitas » de l’époque quoi…
Allaient-ils au marché sans crainte d’être délestés par les « coupeurs de bourses » ou les pic poquets ?
Les romains construisaient déjà leur villa avec un minimum d’ouvertures sur façade avant pour décourager les voleurs.
Et l’amour ?
Jamais les mariages n’ont jamais été ceux de l’amour comme aujourd’hui. Bien autre chose que ces mariages pour prolonger un nom, un titre ou par nécessité économique.
Si ils tenaient plus longtemps, c’est bien pour d’autres causes que par fidélité ou par passion amoureuse prolongée. Femme sans revenus. Impossibilité d’élever des enfants convenablement en dehors du couple traditionnel. Bref, bien des facteurs de stabilité liés à causes très étrangères au sentiment amoureux.
Et la jeunesse ?
Je lisais un ouvrage sur les jeunes voyous qui sévissaient au 18 siècles à Liège et où les édiles de l’époque se partageaient déjà entre deux options, celle de la prévention ou d’un accroissement des maisons de correction.
Oublions-nous aussi les progrès de l’alphabétisation, l’école obligatoire, les grandes victoires de progrès social, de l’accès aux soins de santé ?
Si le travail est considéré aujourd’hui comme une si grande valeur, c’est qu’il est devenu rare. Les aristos du siècle passé se vantaient de pouvoir vivre sans, se contentant de faire fructifier leur rentes ou leurs biens.
Alors nostalgie du passé ? Réfléchissons un peu à l’histoire.
Voudriez-vous revivre à la période romaine et son esclavage ? Au moyen âge, avec le joug de l’inquisition ? Il y a soixante ans, avec la guerre et ses camps de concentration ?
Voudriez-vous vivre à une époque où la loi du plus fort, où la loi du curé, de l’instituteur et du châtelain faisait taire toute revendication ?
Faut-il être spécialiste de l’histoire pour se remémorer toutes les périodes sombres et peu glorieuses de notre histoire ? Je ne le crois. Juste le temps de se poser quelques questions sur nos ancêtres lointains ou proches et leur mode de vie.
Y avait-il plus de sentiments, plus d’amour ?
Je ne le crois pas. Suffit aussi de voir combien nos jeunes ont, à nouveau, cette quête vers l’amour romantique et l’idéalisation d’un toujours. Ceci dit, un toujours qui s’est drôlement allongé avec la longévité accrue de l’espérance de vie.
Non, notre époque n’est ni pire, ni meilleure. Elle offre en tout cas bien des avantages et des progrès.
Ceux qui, comme le pape, décrivent notre humanité comme « une brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve pas son chemin » risquent de favoriser des systèmes extrémistes ou fanatiques qui profitant des « déserts extérieurs qui se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus grands », dixit encore Benoît XVI, nous imposerons des modes de vie que personnellement je récuse haut et fort.
C’est aussi sur base de cette déception peu éclairée des citoyens que l’extrême droite fonde son succès.
Alors, restons réalistes et optimistes. Pire ou meilleur notre monde d’aujourd’hui ?
Un petit coup de balais sur nos « préjugés » ? C’est le printemps…
Mik.
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| 29-04-2005 |
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