Hier, un de mes jeunes amis (24 ans) me disait avoir franchi le cap et osé avouer son homosexualité à son frère. Le drame ! Nous avons beau croire à une évolution des mœurs, nous en sommes encore très loin… Son frère a eu la réaction bien connue : « c’est contre nature ! Chez les animaux cela n’existe pas ! Tu as un problème psychologique. C’est anormal ». Les préjugés judéo-chrétiens sont toujours bien présents, y compris dans un monde laïcisé. Sa famille est non pratiquante. Que dire à nouveau à ces personnes qui ignorent à un tel point l’histoire et la science ? Chez les animaux l’homosexualité existe et quand elle n’existerait pas, cela signifierait alors que les hétéros se comparent aux animaux pour faire l’amour ! Autre objection populaire bien connue : tu ne pourras avoir d’enfants ! L’acte sexuel serait ainsi vu, de nouveau selon une vieille idée catho, comme un acte de reproduction, bien plus qu’une relation et encore moins évidemment un plaisir. Ce n’est pas en quelques lignes que je pourrais développer ce sujet. Je ne me lancerais donc pas sur ce qui fondent les différents points de vue. Restons concret. Que faire encore pour participer à une évolution des mentalités, comme celle illustrée par ce frère ? Oh, bien plus facile d’accepter l’homosexualité d’un Béjart, d’un Bertrand Delanoë, d’un Elio Di Rupo, d’un Etienne Daho, pour ne citer que quelques uns d’aujourd’hui, que d’accepter celle de notre voisin, de notre facteur, de notre garagiste. Oh, bien plus facile de reconnaître aujourd’hui la sexualité gay de « grands » du passé, comme celle de Gide, de Léonard de Vinci, de Shakespeare, de Goethe, de Michel-Ange, de James Dean, pour ne citer que quelques-uns au cours des siècles, que de respecter la différence sexuelle de notre fils, de notre fille. Oh, bien plus facile d’admettre une période de l’antiquité où l’homosexualité était considérée comme tout à fait normal que d’admettre sans ironie de mauvais goût le couple gay qui vit près de chez vous. J’avoue croire en une plus large acceptation de la différence sexuelle dans des milieux socioculturels de type plus « élitistes », plus « artistiques » que dans des couches plus populaires, moins « instruites ». Le combat pour une reconnaissance non caricaturée d’une différence sexuelle, autre qu’exprimée dans des ghettos gays ou des parades carnavalesques ou des « clichés » faux, doit se poursuivre. A chacun de nous d’y participer, ne fusse que dans notre discours. A ce jeune que je vois souvent désespéré, proche de choix terrifiant, laissez un mot qui puisse simplement lui montrer la normalité et l’acceptation par des gays et des non gays de la différence sexuelle. Merci pour lui. Mik.  N'hésitez pas à mettre votre commentaire. |