Dans ma vie j’ai souvent été le « chouchou » de quelqu’un. A commencer par ma mère. Beaucoup moins de mon père ! Elle me disait rarement non, trouvait toujours excuse à mes « gaffes ». Puis chouchou de certains profs, puis de certains collègues de travail, etc…
A vrai dire, je n’ai jamais trop aimé cela, sinon pour les avantages que cela procurait.
Très vite, j’ai pris conscience que les personnes qui me choyaient le plus m’aimaient non pour des qualités particulières que j’aurai eues mais bien plus, sans doute inconsciemment pour beaucoup d’entre elles, pour des motivations personnelles qu’elles projetaient sur moi.
J’ai toujours craint au fond de moi-même de me mettre à dos ceux et celles qui m’adulaient. Mais en même temps, je souffrais de cette espèce d’injustice. Je savais aussi que cela rendait justement jaloux et m’écartait de personnes avec lesquelles j’aurais voulu avoir une autre relation.
Se sentir aimé pour ce que on représente bien plus que pour ce que l’on est crée en vous un malaise profond, un mal-être que d’aucuns devinent peu.
Même si je n’ai pas vraiment toujours été « surprotégé », ou élevé exclusivement dans un cocon, il m’a fallu du temps pour affronter par moi-même et sans appui protecteur des situations existentielles qui demandent renoncement et contraintes.
Contrairement pourtant à ce que la psy dit souvent de l’enfant gâté, je n’ai jamais vu le monde extérieur comme cruel.
Devenu père à mon tour, je mentirais en disant que je n’ai pas eu de préférence. J’ai certainement fait la même chose en projetant sur mon fils mes propres aspirations.
Je crois que la conscience de cela m’a aidé à aimer chacun non en plus ou en moins, mais différemment.
La vie évolue. J’ai finalement trouvé plus d’affinité avec ma fille.
Aujourd’hui je tente de reconnaître chacun dans ses différences en étant à l’écoute, simplement à l’écoute. Quand et où ils le désirent.
Pas facile d’ouvrir parfois la "cage" dans laquelle nous avons placé nos enfants avec les meilleures intentions du monde.