Un de mes bons amis du net m’informait qu’un gars avec lequel il était souvent en contact sur MSN s’était suicidé. Il l’apprenait par la femme à laquelle l’époux avait laissé un message et donner les adresses de personnes à prévenir. Il me disait assez justement que le nombre d’internautes en détresse de solitude était grand. Je le crois. Ce cas malheureux d’un homme bisexuel, n’ayant jamais révélé à sa femme ses attirances gays, n’est pas unique. J’ai souvent des mecs mariés qui cherchent des cams « branle » et avouent leur frustration sexuelle. L’acceptation et la gestion de nos incohérences demeurent difficiles, surtout dans un monde où chacun vit de plus en plus comme verrouillé dans sa capsule individuelle. Cette triste histoire me montre, une fois de plus, combien à travers la nouvelle technologie et ses moyens performants de communication la convivialité des rapports humains ne peut trouver épanouissement réel dans le monde virtuel. Attention donc que notre PC, au lieu de favoriser nos relations, ne dégrade de fait celles-ci. Sans exclure le plaisir réel de rencontrer des personnes derrière notre petit écran, n’oublions jamais la fragilité de ce type de rencontres. N’espérons jamais que le virtuel comble nos manques de reconnaissance ou nos vides affectifs. La joie de la rencontre réelle, l’amitié partagée devant un bon verre ou un partage de repas, resteront toujours le meilleur « outil » de relation dans une société qui perd son sens de la convivialité. Réjouissons-nous des nouvelles technologies disponibles. Elles nous ouvrent des formes nouvelles de documentation, de rencontres. Elles réduit bien des limites, ne fussent que celles des distances. Le net et les confessions qu’il y faisait n’ont pu sortir cet homme de sa souffrance profonde. L’espace social virtuel impose des limites. A trop s’y coller, nous risquons parfois de glisser dans cette glu de l’illusoire croyance d’être aimé, apprécié ou reconnu par des échanges de claviers, de micros, de cams. Restons lucides, sans renoncer aux bienfaits des échanges sous quelque forme qu’ils revêtent. Mik. ---------------------------------------------------------------------------------------- Je m'en vais bien avant l'heure Je m'en vais bien avant de te trahir Je m'en vais avant que l'on ne se laisse aller Je m'en vais avant que l'on ne puisse en rire Je m'en vais en gardant toute ton odeur Je m'en vais en te regardant dormir Je m'en vais car l'on s'est vu voler Je m'en vais avant que l'on ne puisse atterrir Je m'en vais car l'on s'est tant aimé Je m'en vais avant de te détruire Je m'en vais pour que tu ne m'oublies jamais Je m'en vais en te voyant sourire Je m'en vais en croyant que tout est vrai Je m'en vais avant de te découvrir Je m'en vais bien avant de te décevoir Je m'en vais bien avant de te trahir. Song de Christophe Miossec     ---------------------------------------------------------------- |