Mort de Jean-Paul II
| [ Le Pape est mort. Ne soyons pas hypocrites. ] - [ @ 23:31:01 ] |
![]() Jean-Paul II a-t-il vraiment transformé autant de cœurs humains que sa mort semble aujourd’hui révéler ? J’entends tous les propos des gens interviewés. Que de langues de bois, de mots ésotériques, peu concrets. Que de platitudes, de formules toutes faites. Une spiritualité sur « mesure », préétablie. Ce Pape, ouvert dans l’apparence mais terriblement doctrinaire et conservateur, a-t-il vraiment réussi à changer très concrètement la vie quotidienne des chrétiens ou non chrétiens ? Le berceau du christianisme n’a point changé son évolution laïque. Heureusement! Là où la religion peut encore être une forme de promotion sociale, une forme de faire « carrière »en devenant prêtre ou échapper à une certaine forme de misère en devenant chrétien, l’Eglise a trouvé nouveaux adhérents, comme en Afrique, en Amérique Latine. Comme si la religion résistait mal aux progrès sociaux qu’elle réclame par ailleurs. Alors ce pape a-t-il vraiment modifié notre monde ? Indiscutablement, ses origines, son image médiatique, ses voyages, ses influences diplomatiques, l’aide à Solidarnosc (y compris financière) auront contribué à la chute du communisme. Mais sans cette influence indiscutable, cette chute se serait probablement opérée, moins rapidement peut-être. Que reste t’il de ces grands rassemblements de foules, plus curieuses en majorité que véritablement convaincues du discours moral véhiculé par la « vedette » d’une foi et d’un éthique d’un autre temps ? Une fois le « leader » parti, la vie de ceux qui agitent le petit drapeau jaune et blanc change t’elle vraiment ? Pensez-vous vraiment à leur changement de comportement sexuel ? Pensez-vous que la femme qui l’acclame ne prendra pas la pilule contraceptive une fois rentrée chez elle ? Les moments « d’exaltation » ou même d’émotion réelle, intense, résistent très peu au temps de la réalité qui espèrera toujours à un meilleur terrestre plutôt qu’à l’attente d’un meilleur céleste très hypothétique. Mais vrai que ces mouvements de foules, les messages adressés confortèrent ou changèrent certains courants politiques. Ce pape condamna la théologie de la libération. L’histoire devra, en autre, lui faire assumer ce choix. Ferveur, communion, atmosphère recueillie sur la place Saint-Pierre, dans les cathédrales et églises du monde parviendront-elles à bouleverser le monde ; à le faire évoluer vers une véritable paix ? L’Eglise dans l’histoire s’est toujours rangée du côté des « gagnants » en prêchant sinon l’émancipation du moins la compassion pour les faibles. Bien plus que l’action du Saint-esprit, qui en eût certainement perdu quelques plumes dans son aventure, l’institution très hiérarchisée, très théocratique, a traversé les siècles par un opportunisme de type politique. Oublions-nous le soutien à Pinochet de cet homme blanc déjà trop « sanctifié » ? Oublions-nous que nous pourrions considérer cet homme comme quelqu’un qui pourrait être accusé de non-assistance à personne en danger quand il prêche, notamment en Afrique, l’abstinence sexuelle comme seul moyen valable de lutter contre le sida ? Oublions-nous la sanctification par ce pape d’hommes et de femmes dont l’action fut plus que douteuse, comme par exemple le fondateur de l’Opus Dei ? Oublions-nous sa position homophobe concernant l’homosexualité ? Oublions-nous sa position contre l’avortement ? Sa grande passion du monde jeune me paraissait bien plus être une forme de prosélytisme qu’un véritable espoir de voir changer le monde par une jeunesse en quête d’idéaux nouveaux. Je ne sais ce que le pape découvrira ou ne découvrira pas après sa mort. J’ose espérer pour lui qu’il rencontre ce Dieu dans lequel il a cru. Si rien ne se passe après la mort, il n’aura pas à souffrir de cette déception d’avoir prêcher l’inexistant… Paix à cet homme, à ce "gladiateur blanc", homme de paix indiscutablement. Il a été fidèle à ses convictions qui ne sont en rien les miennes. Il a donné de l’espoir, même s’il est, selon moi, dangereux et poudre aux yeux, à ceux qui y ont trouvé consolation. Nous retiendrons évidemment aujourd’hui ce qu’il a fait de grand et de beau. Moi, je ne peux cependant m’empêcher d’occulter ce qui le fut moins. Je ne peux m’empêcher d’ailleurs de sourire en entendant les déclarations très récupératrices de nos femmes et hommes politiques. Le pape est mort. Vive le pape. Pourvu que le nouveau soit plus progressiste et accepte, construise une Eglise plus tolérante, plus ouverte au dialogue, moins enfermée dans des certitudes historiques, plus évangéliques. ![]() Mik. Jean Paul II est mort ![]() Le pape est mort samedi soir à 21h37 à l'âge de 84 ans à la suite d'une longue agonie, a annoncé le Vatican peu après 22h00. "Toutes les dispositions prévues dans la constitution apostolique ‘Universi Dominici Gregis’ promulguée par Jean Paul II le 22 février 1996 sont entrées en vigueur". Quelques statistiques-clés sur le pontificat de Jean Paul II: Pontificat: - Jean Paul II a été élu le 16 octobre 1978. Son pontificat est le plus long depuis celui de Pie IX (31 ans, 7 mois et 17 jours, de 1846 à 1878) et le troisième plus long de l'histoire Voyages: - Il a effectué 104 voyages hors d'Italie, visitant 129 pays différents. A l'occasion de ces voyages à l'étranger, il a parcouru plus de 1.160.000 kilomètres et prononcé plus de 2.400 discours et homélies. Il a également effectué plus de 140 visites pastorales en Italie. On estime qu'il a passé plus de 10% de son pontificat hors du Vatican Ecrits: - Il a publié 14 encycliques, 14 exhortations apostoliques, 11 constitutions apostoliques et une quarantaine de lettres apostoliques Béatifications-canonisations: - Il a béatifié plus de 1.300 personnes et en a canonisé près de 500 Gouvernement de l'Eglise: - Jean Paul II a nommé 232 cardinaux lors de neuf consistoires - Il a présidé un millier d'audiences générales hebdomadaires auxquelles ont assisté plus de 17 millions de pèlerins - A la date du 19 octobre 2003, il totalisait plus de 1.475 entretiens avec des personnalités politiques, notamment des chefs d'Etat et de gouvernement. AP 02.04.05 |
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