| Visitant souvent la blogosphère, j’y découvre des personnalités très différentes. Mais pour simplifier, surtout quand je lis les commentaires de posts, j’y distingue les personnes à l’esprit ouvert, tolérantes et celles qui jugent bon de faire de la morale. Quelle morale ? Souvent celle reçue d’un modèle, d’un sur-moi bien ancré dans la tradition. Un peu ce que j’ai connu quand j’ai fait partie du monde enseignant : « faut faire ceci et pas cela » (je caricature évidemment). Plus rarement j’y découvre des personnes qui se sont forgées une éthique personnelle, respectueuse des différences et sans référence à des « principes », sinon celle du respect de la liberté de l’autre. J’avoue ne pas aimer les moralistes. Ils sont souvent très tristes, même sous des ravalements comiques de façade. De plus, et je crois qu’aucun bon psychologue ne me démentira, faire la morale à quelqu’un n’a jamais servi à grand-chose. Bien au contraire, cette espèce de culpabilisation via un discours moralisateur, n’a comme effet que la destruction de la personne et n’atteint pas le but du changement espéré. Est-ce pour cela que je suis laxiste ? Pas du tout. Comprendre ne veut pas nécessaire dire admettre. Ainsi je peux comprendre les moralistes sans admettre leur morale. Je peux comprendre telle attitude dite « déviante » ou en tout cas nuisible à l’autre, sans pour autant y adhérer ou la « bénir ». Mais à chacun de se forger son éthique, sans toujours recourir à des clichés moraux ou culturels. Croire d’ailleurs pouvoir changer l’autre est la plus grande illusion qui soit. Les bons conseilleurs sont ceux qui se contentent d’une véritable écoute dans laquelle celui qui parle peut mieux se découvrir, non par les conseils, mais par le fait d’avoir pu mettre des mots sur ce qu’il ressent. C’est d’ailleurs tout le travail thérapeutique des « spécialistes » : être un simple miroir. Le seul changement possible doit toujours venir de l’acception de la personne par elle-même et pas pour ce que l’autre voudrait voir changer en elle. Je pense tout à coup à Emi. Le coup de pouce donné par la solidarité des blogueurs est remarquable. Mais, à partir de cet élan j’ai bien vu l’évolution. Emi n’a pas voulu changer pour les autres, mais pour elle. Heureusement, sinon je n’aurais par cru à la longévité de ce changement. Et celui qui j’aime souvent cité, A. de Mello, a bien raison de souligner que « le grand paradoxe du changement est que nous arrivons à l'atteindre quand nous l’oublions. » Mik. |