Réaction et résurrection

Publié le par mike

Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... [ Réaction et Résurrection... ] - [ @ 00:37:00 ]
J’avoue provoquer parfois des réactions négatives, alors que je les attendais positives. Ainsi, je viens encore de constater que la sincérité de mes sentiments ou ressentiments, exprimés pourtant, me semblait-il, en terme doux, sans rancœur, sans colère, engendre une espèce de blocage, de rejet, de refus d’une remise en question. On dirait que sans le vouloir je provoque comme un inconfort, une culpabilité chez celui pour lequel je livre, sans tricherie ou hypocrisie : tu m’as fait mal, très mal, mais qu’importe : accrochons-nous à l’avenir et pour cela ne nions en rien NOS erreurs, nos incompréhensions.
Mais voilà, faut-il encore que votre interlocuteur puisse avoir assez d’ouverture d’esprit, assez de modestie (ce qui fait la vraie grandeur) pour admettre, lui aussi, non ses fautes (longtemps que je ne pense plus en ces termes), mais simplement les situations, les dires qui ont pu conduire à la rupture.
Mais certaines personnes semblent préférer une espèce de lutte de pouvoir. L’un devrait l’emporter sur l’autre. Il faudrait comme un gagnant et un perdant. Comme si avouer une erreur était dégradant.
Il y a parfois des détails qui ne trompent point.
Anecdote : une personne à qui je pense là dans ma réflexion déclarait avoir ramener avec moi un jour une bonne bouteille de liqueur. Je précise : non une bouteille de vin liquoreux. Et elle de répondre de suite (tout en riant jaune) : eh bien… c’est bien ce que je disais !! Symptomatique de quelqu’un qui pense être dévalorisé par la reconnaissance simple de son erreur, fusse t-elle aussi dérisoire…
Mais voilà, les êtres se compliquent bien souvent l’existence.
Moi, je veux qu’il sache que je reconnais sa colère, légitime sans doute à ses yeux. Qu’il sache que j’accepte ses mécanismes de défenses qui d’ailleurs ont peut-être comme objectif inconscient d’enrayer son ressenti réel.
C’est cette démarche qui chez moi empêche toute amertume. Mais chacun a droit à trouver la béquille qui lui convient pour encore marcher droit.
En tout cas, je me refuse de feindre une attitude magnanime qui consisterait à dire : je gomme sans encombre la déception que tu m’as apportée. Non, elle est toujours bien présente, même si elle t’embête, te met en colère, t’entraîne à me nier, à m’effacer. Là, je serais manipulateur et menteur, si je disais : tout cela n’a plus aucune importance : repartons à zéro. Nous ne repartons jamais à zéro. C’est la plus grande illusion que nous puissions avoir.
Je lisais dernièrement que la rancune se caractérise souvent par l’absence de contact expressif avec celui qui est l’objet de la colère. Les personnes rancunières  choisissent souvent, par exemple, de punir en boudant.
En tout cas, moi je t’ai livré et continue parfois à le faire à travers ce blog mes émotions simples, spontanées, sans subterfuges, ne cherchant ni à te berner, ni à me berner.
Il n’y a chez moi ni culpabilité, ni honte, ni jalousie, ni mépris, ni rancune sur l’échec de notre relation que nous avons cru amicale puis amoureuse. Il demeure juste une blessure que le temps et notre bon sens soigneront, meilleur remède que la colère ou la mise au placard.
Demain, nous serons à Pâques. Jour de résurrection mais aussi jour des cloches. Que choisirons-nous : la vie ou le tintement des alliages qui parfois rend sourd ou couvre la voix ?
Je suis athée, ce qui ne m’empêchera pas de souhaiter au gré d’un calendrier resté si catholique, de souhaiter à tous mes ami(e)s une vie nouvelle, tissée de l’ancienne mais libérée de tout ce qui freine, empêche l’épanouissement de nous-mêmes et par conséquence directe des autres.
Non aux pommes de discordes! Croquons la vie...
Mik.






25-03-2005

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