Hier, je pensais me « débiliser » un peu en regardant sur la Une la sélection belge à l’Eurovision. Après 10 minutes, j’en ai eu marre et ai zappé sur France 3 avec l’émission de Marc Olivier Fogiel : « On ne peut pas plaire à tout le monde ». Je ne l’ai pas regretté. J’ai écouté avec plaisir, émotion, admiration Frédéric Mitterand. Chapeau. Voilà une leçon de vie, de sincérité, de rare transparence. Cette vie, comme toute vie, traversée de souffrances. Cette vie réveillée de tant de blessures d’enfance. Le récit de cet homme sensible, à l’apparence froide m’a bouleversé. Quelle pudeur pour dévoiler, sans choquer, avoir dû payer dès 25 ans ses amours gays. Quelle conscience aiguë de la complexité de ses ressentis, de la construction de ses échecs, de ses paradoxes de soumissions et de son ambition de « servir à quelque chose ». Nul doute, je veux lire sa « Mauvaise vie ». Mauvaise ? Oui, au sens où nous ne pouvons répondre à la cohérence apparente imposée par les normes idéalisées de notre société. Non, dans la mesure, où nous tentons de gérer avec talent l’identité reçue. Construction fragile que nos personnalités névrosées ou non. Brillant cerveau, monsieur Mitterrand. Attachant récit qui ose aller dans les coulisses des ombres et lumières où la pièce de notre vie se joue autant dans les coulisses que sur l’avant scène. Vous avez osé prendre ce risque : ne pas se mentir pour ne pas mentir à l’autre. Les vaccins de bonheur que nous injectent les clichés d’un romantisme ou d’un puritanisme redevenus mode s’avèrent bien plus vénéneux que l’antidote du sang souillé de l’homme blessé et mal aimé. Nous sommes loin ici des édulcorants narcissiques, prétentieux et commerciaux des futiles et anecdotiques confessions d’un Pascal Sevran en éternelle quête d’occuper la scène médiatique ringarde de sa « Chance aux chansons » !! Qu'est-ce que ce pantin peut se prendre au sérieux! Il n' a que les cons qui se croient intelligents ... Votre « Mauvaise vie » vous a paru cruelle. Pourquoi cette obstination à vous croire indigne d’être aimé ? Mais quelle courageuse lucidité de vous sentir responsable de cette espèce d’aptitude mortifère au malheur qui vous a toujours poursuivi. Votre confession sera, elle, salvatrice. Si elle ne l’est pas encore pour vous, elle le sera pour beaucoup d’entre nous. Dans la magie de votre expression vraie: comment ne pas trouver percée de lumière, début de liberté dans notre jardin secret ou publique? La « petitesse » de chacun mérite souvent plus de respect que la « grandeur » hypocrite des façades en trompe l’œil. Merci « Monsieur » ! Mik. |