ET LE PLAISIR ?! Toutes les grandes fonctions vitales s’accompagnent de plaisir (ou par défaut d’une très utile douleur); c’est une des plus belle réussites de l’évolution de la vie. Presque trop belle pour être vraie. Expliquer cette finalité du plaisir ou de la douleur par le hasard, par l’accumulation d’erreurs de frappe ou de transmission dans le code génétique est tout un défi pour les biologistes. Plusieurs, au moins ceux qui saisissent le problème, ont capitulé. Le plaisir de manger et la douleur de la faim (Gus, la vraie faim (celle de trois jours) pas celle de cinq heures du soir qui commande un stop devant le frigo), l’inconfort presqu’abolu de manquer d’air ou d’oxygène, les douleurs infligées par les températures dangereuses pour l’organisme, l’orgasme comme couronnement de l’accomplissement sexuel et point d’orgue sur la transmission potentielle de la vie, autant de fonctions essentielles au maintien et à la propagation de la vie. S’il avait fallu que la transmission de la vie ne soit qu’une question de devoir et de générosité, crois-tu mon cher Gus, que nous serions en train d’en parler. Moi j’en doute en tous cas, car je soupçonne que facilement dans les milliers de générations qui nous précèdent et dont on dépend, un couple, à une génération X, un soir donné, aurait oublié`de « faire son devoir » ou aurait manqué de « générosité » (sans penser, les distraits, au Gus ou au Bof à venir dans mille ans) et la chaîne des générations aurait été rompue. Et pas de Bof ou de Gus à l’horizon. Le plaisir, sa fonctionnalité, est une des plus belles choses de la vie, invention mille fois plus subtile ou étonnante qu’un gros « chunk » de matière, comme Mars ou le Soleil qu’on se croit obligé d’adorer ou de visiter. La vie peut se bomber le torse (!). On manque de distance pour se rendre compte du saut existentiel et qualitatif que représentent nos fonctions psychiques. Il faut se rendre à l’évidence que l’orgasme (idéalement partagé) est venu donner un sérieux coup de main (manière de parler) aux bonnes volontés ou aux générosités défaillantes dans la chaîne des générations. Il en est de même pour l’acte si simple de manger pour subsister. Sans le plaisir de bouffer ou la douleur de la faim, tu te vois, mon cher Gus, absorbé dans tes préoccupations philosophiques au point d’en oublier de te nourrir et de dépérir progressivement aux yeux de ton Prof. Heureusement que la faim, même légère est là pour t’arracher à tes profondes réflexions. Ces réflexions sur le plaisir sont là pour te faire prendre au sérieux et de façon responsable le plaisir attaché à la sexualité qui pour nous, bien rassasiés (en air, en oxygène et en poutine), est sans doute la plus grande forme de plaisir physique à notre portée. Il reste, il est vrai, des plaisirs d’un autre ordre comme la philosophie ou la contemplation artistique. Entre un Gauguin, le Requiem de Mozart ou Claudia Schaeffer, je ne te mettrai pas à la torture pour connaître tes préférences, mon cher Gus. Il faut évidemment se garder de belles choses pour ses vieux jours ! Autrefois on disait que la chaire est faible,,,, en voulant dire qu’elle est forte sans bon sens; tu comprendras la nécessité de développer une capacité de contrôle de tes pulsions et de développer ton sens des responsabilités. Tes décisions dépendront .. De l’échelle de valeurs que tu te seras construite (Bonne chance et bonne inspiration ! ) De l’intégration que tu feras dans ton champ de conscience du présent et de l’avenir (Elargis ton sens de la durée !) De l’intégration du plaisir, des sentiments, de la réflexion et de la responsabilité. De ta capacité de contrôle de tes pulsions et de courage pour assumer tes responsabilités (Que la « Force » soit avec toi!) Prof. Bof. mik 22.02.05 |