Aimer quelqu’un pour ses défauts ! Voilà la chose la plus extraordinaire, disait hier Marc Lévy, écrivain. Je suis bien d’accord. Les gens trop « lissés », trop « parfaits », m’ennuient. Ils ont certainement plein de talents, nous rassurent, mais sont souvent décevants. Mais, j’avoue ne pas aimer tous les « défauts ». Ainsi celui qui s’amuse à me blesser inutilement, je déteste. Je pense à quelqu’un qui a certainement trouvé plaisir à m’ignorer sur son blog, mettant en exergue un ami, un vrai, qui demeure mien et un autre que j’apprécie moins. C’est petit. Image de ce que peut être un homme pour lequel chaque jour je me dis aujourd’hui m’être trompé sur sa valeur profonde. Est-ce parce je n’aime pas me tromper que je persiste à espérer, à croire que cela n’est apparence et qu’au fond c’est un type chouette ? Qui sait ? Je ne réponds jamais à la petitesse que par une espèce de hauteur qui me place en recul et me fait admettre la complexité des sentiments que nous avons tous à gérer. Vrai que je ne suis pas un toutou, facile peut-être à choyer à aimer, parce que sans parole pour répondre, sans affection réelle sinon celle guidée tout de même essentiellement par la bouffe reçue. Je n’ai rien contre ces petites boules de poils, intelligentes, capables souvent de briser la solitude de ceux qui souffrent et se sentent seuls. Mais chacun à sa place. Plus je connais les hommes, disait l’autre, plus j’aime mon chien. Je ne suis pas de ceux-là. Plus je connais les hommes, plus j’ai de compassion pour eux, plus je les trouve, dans leur misère de cœur ou de corps ou de bourse capables de vivre avec des paradoxes difficiles à gérer. Il me trouvera encore féroce, sans doute, méchant même. Oui, je ne suis pas un saint ! Pas un toutou qui se contente de faire ce que veut son maître. Plus difficile à apprivoiser… Je sais pourtant me remettre en question, accepter la critique, pour autant ne pas avoir en face de moi une tête de mule. Les réponses reçues à mes franches réflexions n’ont jamais été que des certitudes d’un soi disant gars honnête et droit dans ses bottes de cavalier prêtes à monter sur ses grands chevaux pour laisser galoper ses rancoeurs d’homme blessé dans son orgueil mal placé. Je sais maintenant que ce n’est pas l’amour qui n’est pas fait pour lui, mais lui qui ne sait pas aimer. Il restera, selon moi, au bas de sa tour d’ivoire, comme au pied de la tour Effel sans jamais gravir ce qui nous fait un peu rejoindre le ciel. Vous me trouverez sans doute dur, sans pitié, me demandant quelle mouche m’a piqué pour tremper ainsi ma plume si tolérante d’habitude dans un vitriol peu commun à ma nature profonde. Il y a des limites de bienséance à ne pas dépasser. Vrai, que blessé je me suis senti. Un bref instant : celui de ma colère. Mais déjà voilà que tout rentre dans l’ordre, avec l’indifférence dont je parlais hier à propos du film sur les derniers jours de Mitterrand. Mik. 20.02.05 |