Il y a quelques jours, j’ai placé un petit drapeau gay dans mon hall d’entrée. Etrange, mais certains de mes amis gays ne connaissaient même pas l’existence de ce signe. J’avoue que je ne connaissais pas la symbolique de cet arc-en-ciel. L'idée de l'arc-en-ciel est venue de Gilbert Baker, en 1978. L'arc en ciel représente la paix, l'harmonie et la solidarité entre les peuples, de la même façon que les anneaux olympiques (aux couleurs de chaque continent). Le drapeau gai comporte les couleurs du prisme, illustrant que nous sommes présents partout dans le monde, comme la lumière. Voilà donc le rouge, fier et noble, symbolisant la vie, couleur de l'Amérique (en haut du drapeau.) L'orange exprime la chaleur de notre communauté plus que *gaie* ainsi que la guérison (i.e. sida). Le jaune représente la communauté asiatique, bien sûr, et pour notre joie de vivre et le soleil. Le vert est pour l'espérance et la nature .Le violet, couleur des lesbiennes, nous représente, solidaires (c'est aussi la couleur de la spiritualité). Le bleu rappelle les racines européennes de plusieurs mouvements pro gays et l'inconscient (artistique) qui nous caractérise. De tout les temps, le noir et le violet ont été associés aux gaies. On se rappelle qu'au début du siècle, dans les salons mondains de Paris, les femmes androgynes, mystérieuses et indépendantes s'habillaient de noir, avec une touche de violet profond, spirituel. Les couleurs sont devenues le symbole international des gais et lesbiennes. Me voilà donc plus instruit ! J’ai mis du temps à faire coming-out. Je ne le regrette pas et me sens enfin libéré. Mais pourquoi donc maintenant devrais-je me présenter en tant que gay ? Jamais les hétéros ne se présentent par leur identité sexuelle. Je confesse d’ailleurs ne point trop aimer sortir dans le « milieu ». Je réfute toute espèce de ghettoïsation. Notre société d’ailleurs a la fâcheuse tendance d’en créer de plus en plus. Les jeunes avec les jeunes, les vieux avec les vieux. Les pauvres entre eux, les riches entre eux. La laïcisation a supprimé le seul et rare lieu de rencontre où toutes les classes sociales se rencontraient pour la messe du dimanche. On s’étonne alors de la paupérisation de certains quartiers, du regroupement des étrangers dans d’autres, de la création de zones résidentiels qui, à mes yeux, deviennent des nids du repli sur soi. Pourtant, comme Marco sur la photo illustrant mon propos et avec lequel je diverge souvent de conceptions, y compris sur celles de l’amitié, j’aimerais parfois me draper de cet arc-en-ciel, pour redire que la différence sexuelle fait de moi un homme pas très différent des autres. Et si nous avons quelque part tous des différences, il est bon de les partager, de ne point les cultiver en cercles restreints. Voilà, mais j’ai quand même laisser le drapeau dans le hall… Mik. 17.02.05 |