Je me demande parfois comment je peux encore avoir un certain succès dans mes rencontres avec des jeunes gens. Est-ce peut-être parce que je suis attaché au « carpe diem » ? Le dialogue des âges reste à mes yeux un des échanges les plus intéressants. J’ai cette volonté d’être dans l’instant, d’être de mon temps. Jamais je n’avais compris comme maintenant qu’agir avec la conscience du moment présent donne un calme, une sérénité, une sincérité absolus. Dans le passé j’avais eu le sentiment d’être pressé, avec en ce temps comme une espèce de morbidité. Il faut, je crois agir vivement sans pour cela agir toujours dans la précipitation. Difficile probablement pour un jeune qui trop souvent néglige le présent pour l’avenir et n’a bien des fois que mépris pour le passé. Pas plus facile pour le vieux, tenté de regretter le passé et de rejeter l’avenir et le progrès. IL est bien utile le dialogue des âges. Notre déséquilibre social n’est-il pas d’ailleurs du en partie à cette absence de plus en plus grande de rencontres qui font mieux comprendre le besoin de progrès des jeunes et le rappel des vieux pour dire que les changements ne deviennent progrès que dans la mesure où ils sont réfléchis ? En tout je trouve que vieillir n'est pas ennuyeux. Merci à ceux qui m’entourent, jeunes, moins jeunes et vieux. Mik. |