J’entendais hier notre Ministre Président de la Région Wallonne considérer (sans rire) que neuf mille réponses reçues sur le « Contrat d’avenir pour les Wallons" était un succès de participation et traduisait l’intérêt de la population vis-à-vis de la « chose politique » ! Heureusement que le ridicule ne tue pas… Au lieu d’avouer franchement l’indifférence de la très large majorité d’entre nous et d’essayer de la vaincre, se féliciter de cette indiscutable échec de vaste consultation populaire (combien a-t-elle coûté ?!) prouve le divorce entre la classe politique et la population. A croire que tout compte fait nous faire jouer un rôle de récepteur passif arrange très bien nos édiles politiques. Je ne prétends pas avoir la recette pour faire prendre meilleure conscience que l’intérêt général concerne chacun d’entre nous. Je constate simplement que l’information que nous recevons est souvent trop compliquée et efface peut-être aussi l’envie de participation du citoyen. Comprenons-nous assez que la politique nous rejoint dans les préoccupations bien concrètes de notre vie quotidienne (école, logement, soins de santé, équipement, etc.) ? La classe politique tourne dans une espèce d’autarcie où face aux gens du « savoir » de la gestion publique le citoyen perd ses moyens d’expression, ce qui entraîne ainsi le maintien de la position privilégiée des « spécialistes ». C’est que, Monsieur le Ministre, désirer nous faire jouer un autre rôle que celui de simple récepteur passif, c’est aussi probablement nous donner des moyens d’être émetteur. Bref, la participation c’est plus que l’information, que la consultation : c’est aussi intervenir dans les décisions. Mais osons (contrairement à Monsieur le Ministre) nous mettre en question. En dehors de remplir notre devoir électoral, nous ne faisons pas grand-chose pour agir, ni même pour comprendre ce qu’est vraiment la gestion de la chose publique. Ne nous en félicitons pas ! Car ainsi déjà que disait Thucydide dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse : « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile ». Mik. 15.01.04 |