Je me suis encore régalé cette fin de soirée et ce début de matinée en regardant « Tout le monde en parle » à FR2. Cette émission très éclectique d’Ardisson accueillait, comme d’habitude des personnalités passionnantes. Vincent London, très bon acteur, à l’aise, sincère, bourré de tics parlait de son dernier film et apprenait dans la bonne humeur les « dérives » sexuelles de sa célèbre famille. Christophe Dechavanne et son compère Patrice vendaient leur dvd « coucou, c’est nous ! ». Vrai que bon nombre des pitreries de ces 460 émissions d’archive nous ont bien fait marrer. Constatation que la rupture avec les « chefs » n’est pas synonyme de celle avec le public. Cet animateur que je n’apprécie pas tellement m’a heureusement surpris. Je suis bien d’accord avec lui dans son plaidoyer de « vis le présent ». Alain Minc, lui, brillant comme à son habitude a dressé un portrait étonnant de l’Amérique qui vient choisir Bush. Le changement des USA comme un monde miniature fermé sur lui-même et qui ne ressemble plus en rien à notre projection européenne et qui nous regardera bientôt comme une grosse « Suisse ». L’Amérique ne ressemble plus d’où notre erreur sur Kelly. Elle partagera de moins en moins nos valeurs démocratiques pour créer un monde intégriste, peu tolérant (avortement, homosexualité, peine de mort, etc.) Une Amérique fermée sur elle-même (10% des Sénateurs n’ont même pas de passeport…) Merci Monsieur Minc pour vos formules simples pour dépeindre des situations complexes. Vos propositions positives de ne pas nous braquer dans un anti-américanisme, avec ce danger de déboucher sur l’antisémitisme. La solution reste la construction européenne. Bravo pour votre réflexion aussi sur le marché qui ne crée pas la démocratie en insistant que pour faire le marché il est nécessaire d’avoir déjà une base démocratique. Votre livre « Ce monde qui vient » vaut je pense la peine d’être lu. Liliane Foly, comique et surprenante dans ses imitations, a prouvé une fois de plus l’existence d’une bonne chanson française. Cette femme a une voix merveilleuse. Ce retour aux sources avec son cd « La chanteuse de bals » ne peut qu’apporter bonheur. J.C. Brialy avec son livre « J’ai oublié de vous dire » nous a encore étonné. Il a vraiment l’art de conter les anecdotes extravagantes qui cernent avec élégance les célébrités. Cet homme qui parle en citations comme nous parlons couramment. J’ai aimé son « il n’y a que les imbéciles qui sont heureux ». Plus révolté qu’en apparence, ce dandy conserve une verve qui fait réfléchir ! Bravo et votre aveu si simple de votre homosexualité qui vous vaut l’humour du pseudo « La Mère Lachaisse ! » vous honore. Chapeau. Eli Chouraki est venu nous parler de sa nouvelle comédie musicale « Spartacus. Gladiateur » et de sa fascination pour les hommes qui dans l’Histoire ont pu dire « NON ». L’exemple de Spartacus, symbole de la lutte contre l’esclavage et du refus de « tuer pour vivre » était bien racontée par cet homme sympathique, entouré de deux jolies chanteuses. Alessandra Martines, épouse de Lelouch ne m’a guère convaincue des qualités d’un cinéaste qui ne m’a jamais plus fasciné depuis son très bon film « Un homme et une femme ». Trop belle et trop lisse pour vraiment être sincère et vraie. Philippe Sollers est venu parlé de façon intelligence de son livre « Dictionnaire amoureux de Venise ». Voilà je n’ai pas suivi la fin de cette émission trop tardive. |