Chaque jour (ou presque) je parcours cinq ou six nouveaux blogs. Ne nions pas, nous blogeurs et blogeuses, notre besoin narcissique- grand ou petit- de conter, si pas notre vie du moins nos envies, nos centres d’intérêts, nos goûts, nos œuvres. Espoir évident de partager tout cela avec un public large ou plus restreint. Il y a quelque mois, je tentais l’aventure. Au départ, je comptais faire un peu partager ma quotidienneté, mes « réflexions » à mon cercle d’amis, notamment à deux amis québécois que je venais de recevoir chez moi. Voyant décoller peu à peu mon « audimat », je me pris au jeu. Et me voici chaque jour devant mon ordi, attaché à ce journal virtuel. J’y lis avec joie et intérêt les commentaires de personnes que je commence à mieux connaître. A mon tour, je m’intéresse à leur vie, à leurs écrits, à leur clin d’œil d’humour, à leurs goûts picturaux ou musicaux. Chacun a son originalité. Découverte de souffrances, de joies, de fou rire, d’humour, de photos d’art ou de photos familiales, de guindailles aussi chez les jeunes. Et si les petites choses de la vie étaient au fond les plus grandes. Celles qui tissent l’histoire bien plus que ce nous pensons être la grande, pensée et imposée celle-là par des « grands » qui si ils ne sont pas accros du virtuel ne pensent le monde qu’en chambre (pardon en bureau) où la personne, les problèmes se résument en « dossiers » ! Sans vouloir faire l’apologie de ce petit monde virtuel, j’y vois nouvelle manière de communiquer, de façon interactive (comme on dit maintenant). Mettre des mots sur ce que je ressens est aussi bonne thérapie. Le danger (toute médaille a son revers) serait une perception d’une solitude brisée par quelques mots ou par un partage qui ne reste évidemment que lointain et n’aura jamais la chaleur et l’humanité d’une rencontre réelle. Danger aussi de se couper ainsi de la réalité concrète en s’enfermant dans cette tour d’ordi qui deviendrait ainsi tour d’ivoire et non phare pour mieux se connaître et connaître l’autre. J’ai évidemment la chance d’être prépensionné et de pouvoir disposer de beaucoup de temps « libre ». Cela me donne le loisir d’être plus « accro » sur mon ordi. Je comprends combien cet outil peut se révéler nocif quand il empêche une vie d’étude, de travail et empêche une vie sociale réelle. La vie des blogs pourraient faire (si ce n’est déjà fait) l’objet de bien des études psychologiques ou sociologiques. Il n’empêche, je vous avouerai que j’ai moins peur de vieillir depuis que je me suis mis à apprendre cette machine moderne que je maîtrise encore mal. Si je devais me retrouver un jour paralysé, cloué sur un lit, enfermé dans une chambre de maison de repos, j’ose espérer avoir encore ce clavier magique qui m’ouvre à vous, au monde et me donne un moyen nouveau de m’exprimer. |