Je ne résiste pas à vous faire partager mon bonheur de redécourvrir ces beaux textes d’un des chanteurs que j’adore : Georges Moustaki. Mik . Ma solitude Pour avoir si souvent dormi avec ma solitude Je m'en suis fait presque une amie une douce habitude Elle ne me quitte pas d'un pas fidèle comme une ombre Elle m'a suivi çà et là aux quatre coins du monde Non je ne suis jamais seul avec ma solitude Quand elle est au creux de mon lit elle prend toute la place Et nous passons de longues nuits tous les deux face à face Je ne sais vraiment pas jusqu’où ira cette complice Faudra-t-il que j'y prenne goût ou que je réagisse Non je ne suis jamais seul avec ma solitude Par elle j'ai autant appris que j'aie versé de larmes Si parfois je la répudie jamais elle ne désarme Et si je préfère l'amour d'une autre courtisane Elle sera à mon dernier jour ma dernière compagne Non je ne suis jamais seul avec ma solitude Non je ne suis jamais seul avec ma solitude Ma liberté Ma liberté Longtemps je t'ai gardée Comme une perle rare Ma liberté C'est toi qui m'a aidé A larguer les amarres Pour aller n'importe où Pour aller jusqu'au bout Des chemins de fortune Pour cueillir en rêvant Une rose des vents Sur un rayon de lune Ma liberté Devant tes volontés Mon âme était soumise Ma liberté Je t'avais tout donné Ma dernière chemise Et combien j'ai souffert Pour pouvoir satisfaire Toutes tes exigences J'ai changé de pays J'ai perdu mes amis Pour gagner ta confiance Ma liberté Tu as su désarmer Toutes Mes habitudes Ma liberté Toi qui m'a fait aimer Même la solitude Toi qui m'as fait sourire Quand je voyais finir Une belle aventure Toi qui m'as protégé Quand j'allais me cacher Pour soigner mes blessures Ma liberté Pourtant je t'ai quittée Une nuit de décembre J'ai déserté Les chemins écartés Que nous suivions ensemble Lorsque sans me méfier Les pieds et poings liés Je me suis laissé faire Et je t'ai trahi pour Une prison d'amour Et sa belle geôlière Le métèque Avec ma gueule de métèque, De Juif errant, de pâtre grec Et mes cheveux aux quatre vents, Avec mes yeux tout délavés Qui me donnent l'air de rêver, Moi qui ne rêve plus souvent, Avec mes mains de maraudeur, de musicien et de rôdeur Qui ont pillé tant de jardins, Avec ma bouche qui a bu, Qui a embrassé et mordu Sans jamais assouvir sa faim... Avec ma gueule de métèque, De Juif errant, de pâtre grec, De voleur et de vagabond, Avec ma peau qui s'est frottée Au soleil de tous les étés Et tout ce qui portait jupon, Avec mon coeur qui a su faire Souffrir autant qu'il a souffert Sans pour cela faire d'histoires, Avec mon âme qui n'a plus La moindre chance de salut Pour éviter le purgatoire... Avec ma gueule de métèque, De Juif errant, de pâtre grec Et mes cheveux aux quatre vents, Je viendrai, ma douce captive, Mon âme soeur, ma source vive, Je viendrai boire tes vingt ans Et je serai Prince de sang, Rêveur ou bien adolescent, Comme il te plaira de choisir; Et nous ferons de chaque jour Toute une éternité d'amour Que nous vivrons à en mourir. Et nous ferons de chaque jour Toute une éternité d'amour Que nous vivrons à en mourir. G. Moustaki. |