Le temps. Souvent la sagesse dicte qu’il arrange les choses. Je le crois. Oh, pas évident toujours de bien cicatriser les blessures d’amour, d’amitié. Il y en a qui restent à vie, mais le temps couvre, malgré tout, de son baume la douleur et la souffrance de ceux que nous n’avons pu aimer comme ils le souhaitaient ou de ceux qui ne nous ont pas aimé comme nous le souhaitions. Hier, un ami me disait : je ne suis pas fait pour l’amour. Il n’est pas le seul. Probablement parce que nous nous faisons de lui une image idyllique, alors qu’il nous burine, nous taraude et qu’il est bien autre chose que le fun tant recherché. Nous le croyons peut-être trop capable de remplir nos manques. Vrai que l’amour n’est jamais désintéressé. Porter de l’intérêt à quelqu’un quoi de plus normal. Pour autant que notre intérêt rencontre le sien, je n’y vois que bénéfice pour la relation. Plus embêtant est quand les intérêts ne se croisent plus, ne se rencontrent plus. Personnellement je ne crois pas en l’amour. Je sais seulement que je sais aimer, être disponible à l’autre, être à son écoute. Mais loin d’être un saint, j’ai besoin de la réciprocité vrai, sans tricherie. Je ne tombe pas facilement « amoureux » et ne fêterais pas demain mon Valentin ou ma Valentine. Mon dernier sentiment amoureux, si longtemps en latence, je l’avais éprouvé il y a quelque mois. Il m’avait surpris, étonné, rendu presque midinette tellement il vibrait en moi, avec une intensité qui donne le frisson, l’attente impatiente d’entendre, de voir, de toucher l’aimé. Et le voilà à nouveau disparu, par un choix probablement plus mutuel qu’en apparence. Mais s’il avait été autre? m’étais-je dit, après la rupture. S’il avait été plus attentif ? Avec des si, on ne refait pas le monde pas plus qu’une relation. Ce que je sais avec certitude c’est que mon sentiment amoureux pour lui a bien disparu. Cela l’a peiné. C’est ainsi. En avait-il jamais vraiment eu un lui ? Jamais je ne l’ai vraiment ressenti, sinon un soir trop alcoolisé. On ne m’y reprendra plus de si tôt. Pourtant point de rancune, et le sentiment amère de « l’après » a bien aussi disparu. Je vis heureux, entouré de mes amours et amitiés multiples, variées, enrichissantes. C’est peut-être parce que je suis devenu mon propre Valentin. Mais toujours en moi cette question sans réponse : pourquoi faut-il que tôt ou tard, mes amours me reviennent ? Je n’ai rien vraiment de sensationnel, ni la beauté physique, ni même celle vraiment du cœur. Je suis seulement quelqu’un de direct qui ose, surtout aux personnes que j’aime, dire des choses pas toujours agréables. Vrai que je m’efforce, parfois trop, de décoder telle ou telle attitude, pour ne pas la juger, la trouver normal même si elle me blesse. Et j’en fais part. Je n’ai point de Valentin, mais je suis certain que j’aime et suis aimé. Mik. 11.02.05 |