Quitter le chant des oiseaux pour retrouver les cris d’hommes ? Et oui, je vais quitter la campagne, ses chants, la jolie vallée de la Lienne, avec ses souvenirs joyeux et aussi les tristesses que j’y ai connues ! Dans un mois, je serais en plein cœur de la Cité Ardente. Liège, la ville où j’ai grandi (ou tenter de grandir, moi toujours si enfant quelque part !). Je mentirais si je n’avouais que la solitude du lieu présent, malgré des activités parfois agréables même quelques fois fort occupantes, ne me pesaient nullement. Moi qui pourtant aime la solitude. Puis, il y avait les voisins, comme rarement nous trouvons souvent en ville, toujours prêts à rendre service, à faire un brin de causette. Choisir c’est toujours quelque part renoncer. Je quitte aussi un lieu où pendant 10 jours, cette année, en septembre, j’ai vécu des jours magiques, auprès d’amis que j’aime. Et me voilà heureux de tourner à nouveau une page de ma déjà longue histoire et de mes pérégrinations multiples. « Ne regrettons pas le passé, ne nous préoccupons pas de l’avenir, le sage vit dans le présent » dit un vieux proverbe hindou ; Et « Alchimiste », (de Paulo Coelho), lui, écrivait : « il n’y a qu’une seule façon d’apprendre : c’est par l’action, c’est le voyage qui te l’a enseigné ». J’ai eu dans cette maison que je possède depuis plus vingt ans, même si je ne l’ai habitée que peu de temps, bien des rêves, certains réalisés, d’autres brisés, d’autres jamais aboutis.. Peut- être aussi parce que, ainsi que poursuivait toujours ce même Alchimiste : « Il n’y qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible : c’est la peur d’échouer ». Parfois, avec d’autres, ai-je eu trop cette peur ? Qu’importe, je repars confiant dans d’autres rêves, dans d’autres voyages, dans un autre lieu. Là où la vie bruisse, est moins verte, mais là aussi où l’on entend la ruche humaine dans toute sa diversité. Je suis heureux, très heureux, sans nostalgie. J’ai appris et apprends encore chaque jour que les choses, la ville, la campagne, le bruit de la foule, le chant des oiseaux, le bruit du vent, le dires de l’ami, nos mots, nos actions, ne révèlent souvent rien en eux-mêmes, mais par la façon dont les autres et nous-mêmes, en les observant bien, découvrons leur profondeur ou leur superficialité. Mik. 05.12.04 |